La cave aux fées

2. VESTIGES DU PASSE : « la cave aux fées »

- Classé monument historique par décret du 10.06.1910 , le dolmen de SAINT-CERGUES , constitué de puissants blocs erratiques, est l’une des plus anciennes constructions de HAUTE-SAVOIE ( période néolithique & début de l’âge du bronze ), il est situé en bordure de la nationale à l’entrée de la commune à proximité de la Chandouze et de la Croix de ST. FRANCOIS DE SALES.

- L’origine de ce dolmen est assez obscure , la légende d’une demeure de fées ... ou l’hypothèse d’un lieu de sépulture ne font pas l’unanimité, mieux vaudrait s’en tenir à la réflexion d’ABEL JACQUET ( l’histoire de ST CERGUES 1990 ) :
- « ...la CAVE AUX FEES de ST CERGUES ,témoin séculaire des civilisations passées gardera pour toujours son mystère et cette ignorance dans laquelle nous sommes quant à ses origines entretient et perpétue sa légende... »
- Au confins de la commune à proximité de la maison forestière de la SERVETTE se trouve une « PIERRE à CUPULES » ou pierre à sacrifices, son origine est très ancienne et son authenticité discutée .


REVUE DU SYNDICAT D’INITIATIVE ( 1950 )

Le territoire de Saint-Cergues était déjà habité à une époque très reculée et le dolmen de la Cave aux Fées (propriété de l’Etat) en est une preuve. Ce monument mégalithique qui a probablement servi de chambre sépulcrale, est peut-être plus ancien que celui de Reignier. A moitié enseveli dans un terrain en pente, il est formé de six pierres en protogine et en roche feuilletée, formant un espace à peu près cubique d’environ trois mètres de côté. L’enceinte est recouverte par une dalle en arkose, partagée en deux. On descend dans le caveau par une ouverture occidentale haute de 1 mètre et large de 1 mètre 30.

Des tombes en molasse (gallo-romaines ou burgondes) ont été découvertes au Bourjaillet et en aval de Boringes. Des tuiles romaines à rebord ont été mises à jour au Genevray.


DAUPHINE LIBERE ( Jean Novel 2003 ) :

A l’entrée Sud de Saint-Cergues, 100 mètres après le pont de Chandouze, est planté le dolmen de la Cave aux Fées : une énorme dalle séparée en deux (environ quinze tonnes) posée sur six autres dressées sur le sol. Elles forment un rectangle de 6 mètres sur 4, avec à l’ouest une ouverture.

Les habitants de la commune la connaissent bien. Elle est d’ailleurs signalée par un panneau « monument historique ». La légende populaire la situe volontiers au temps des Gaulois. Il n’en est pourtant rien. « L’histoire de la Savoie », un ouvrage publié sous la direction de Paul Guichonnet, nous apprend que la Cave aux Fées date de la période néolithique, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ, qu’elle a en partie été enterrée par les alluvions de la Chandouze, le ruisseau voisin, lors de ses débordements. On s’en rend d’ailleurs parfaitement compte car l’intérieur du dolmen est situé environ 1,50 m en-dessous des terrains qui l’entourent.

Il appartient à la même époque que la Pierre aux Fées de Reignier. Moins massif, il forme une chambre plus strictement construite. Quatre dolmens étaient situés en Faucigny et intéressant, ils formaient une ligne à peu près droite sur un axe nord-sud qui ne fait un écart que de 5° avec l’axe des pôles. Partant de Saint-Cergues, il passe par celui de Cranves-Sales, détruit en 1864, celui de la Pierre aux Fées de Reignier, pour aboutir à la Pierre aux Fées de Pers-Jussy, également détruite. La distance entre les deux extrémités de cette ligne est d’environ 13 kilomètres. Ces dolmens (du breton dol : table et men : pierre) étaient des chambres funéraires. On a d’ailleurs retrouvé des ossements à Cranves-Sales et à Saint-Cergues. Mais les quelques recherches archéologiques effectuées n’ont pas été fructueuses. Reignier a livré quelques objets de l’âge de bronze. Seul, celui de Cranves-Sales a présenté un grand intérêt dans les fouilles. Outre les ossements entassés sur une hauteur de 30 cm, on a mis à jour des vases, une faucille, des épingles de 8 cm en bronze et des fragments de poterie.


BULLETIN MUNICIPAL Saint-Cergues (Mme FAVRAT )

Quant à la Cave aux Fées, moins connue que le mégalithe de Reignier, elle est située près de la Chandouze, à une cinquantaine de mètres de la route Annemasse-Thonon. A l’origine excavé, le dolmen a peu à peu été enseveli par les alluvions de la Chandouze qui peut, à l’occasion, exercer des ravages dans les zones supérieures de son cours. Les six dalles qui forment les parois, dont la hauteur varie entre 2,10 m et 2,8 m, reposent sur des dalles horizontales. Le toit est une énorme dalle séparée en deux, d’environ 5 m x 3 m x 0,4 m, ce qui représente une quinzaine de tonnes environ. La chambre elle-même offre une superficie de 3 x 2,5 m et une hauteur de 2,20 m. Les montants verticaux, non jointifs, présentent dans les interstices un appareillage de petites pierres. Plusieurs fouilles ont été effectuées, sans grand résultat. La dernière en date, effectuée par un fouilleur sans autorisation, a eu pour effet de mettre au jour les assises du dolmen, ce qui, dans un terrain aussi instable que les rives de la Chandouze, risque de le déstabiliser dangereusement.

Quelques fragments de poterie appartenant à l’époque chalcolithique ont été trouvés à cette occasion. Ils illustrent la civilisation Campaniforme, ainsi appelée à cause de la forme de ses vases, ressemblant à une cloche renversée (campana : cloche). Le décor en est caractéristique avec des décors géométriques effectués au peigne à dents carrées. Dans notre région, cette civilisation qui fait la transition entre le néolithique et l’âge du bronze, voit apparaître le cuivre. Elle se situe aux environs de la fin du 3ème millénaire avant J.-C. Les dénominations de ces monuments font souvent appel au merveilleux, particulièrement aux fées, dans la tradition qui veut que l’on donne une explication fantastique aux phénomènes que l’on ne sait pas interpréter.

En Bretagne particulièrement, de nombreuses légendes racontent qu’une fois dans l’année, sous les dolmens, la terre s’ouvre, permettant l’accès au domaine des fées et à un fabuleux trésor. Mais le temps est compté et la terre se referme sur le malheureux trop cupide, qui n’a pas su à temps retourner dans le monde des vivants. Cet attrait pour un trésor caché explique en partie que la plupart de ces dolmens aient été vidés de leur contenu, sans doute pour rechercher ces trésors mythiques. Mais ils ont aussi été dégagés pour servir d’abri aux bergers, comme en témoignent les vestiges de foyers récents que l’on a pu y retrouver. En réalité, ils ont été des sépultures, ce qu’attestent les ossements retrouvés sur une épaisseur de 30 cm à Cranves-Sales. Les découvertes de dolmens intacts dans le sud de la France renforcent cette hypothèse. Les noms de lieux indiquent aussi la présence de menhirs : ainsi Pierre Gran à Collonges-sous-Salève, la Pierre du Milieu du Monde à Amancy, près de la Roche-sur-Foron. Enfin on ne peut passer sous silence l’abondance de pierres à cupules dans le Chablais (plus de 70 recensées), dont la datation est peu sûre (âge du bronze ?) et l’utilité encore moins connue.


CROIX DE SAINT-FRANCOIS de SALES

A l’époque Burgonde un gentilice gallo-romain du nom de « Pistilius »semble avoir donné le nom de PISTILINGE à la commune, en 1113 l’abbaye de Saint-Jean d’AULPS exerce un véritable droit de seigneurie sur Saint-Cergues et les localités avoisinantes, la grange de NEYDENS est transformée en maison forte, l’histoire plus proche nous est contée par une croix érigée en l’honneur de ST. FRANCOIS DE SALES venu en 1594 convertir la province après les occupations Bernoise (1536) & Genevoise (1589) et par delà confirmer l’entrée de la province du CHABLAIS. En ce temps là ( 1600 ) le nom ancestral de « PISTILINGE » disparaît, les trois églises en ruines se réunissent pour former SAINT- CERGUES du nom du saint patron SAINT CYR enfant martyr.


- 1. De la préhistoire à nos jours
- 2. Les vestiges du passé - la cave aux fées
- 3. Les edifices religieux
- 4. Les curiosités naturelles
- 5. Le point de vue
- 6. Sports et loisirs
- 7. Artisanat et culture
- 8. Terroir
- 9. Un blason pour l’histoire
- 10. Généralités

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